24 heures à VTT
C KOI ?
Tout d'abord petit rappel pour ceux qui ont raté les épisodes précédents. Un 24 h VTT est une épreuve qui dure... 24 heures. Pour l'instant tout va bien ! La course se déroule sur un circuit aux distances (entre 6 et 15 km) et dénivelés positifs (100 à 400 m) très variables. On peut courir l'épreuve en solitaire ou en relais par équipe. Le but étant de faire un maximum de tours de circuit en 24 heures, donc.
Le déroulement d'une épreuve de 24 heures est simple : départ style « 24 h du Mans » pour aller rejoindre les VTT, puis chacun fait 1, 2 ou 3 tours de circuit et passe le relais à un coéquipier dans la zone prévue à cet effet. Echange du bracelet de chronométrage et c'est reparti... Seul les concurrents solos roulent sans passer de relais, bien sûr.
Outre le fait de pouvoir faire une course de VTT en équipe, l'intérêt d'une épreuve de 24 h est de rassembler un grand nombre de passionnés pour former, le temps d'un week-end, un village convivial à l'ambiance sympathique. Pratiquement tous les types de pratiquants sont représentés, des plus sportifs aux plus occasionnels. Le but étant de se faire plaisir, d'atteindre son objectif et passer un moment mémorable. Les 24 heures VTT peuvent réunir plus de 2000 concurrents comme, par exemple, aux 24 heures des Crapauds en France. C'est l'occasion également d'avoir tout un tas d'animations et de pôles de vie à côté de la course. Spectacles, concerts, salon, bars, restaurants, etc permettrons de se rencontrer et d'échanger avec d'anciens ou de nouveaux amis.
L'ENTRAINEMENT
Les solos devront basés leur entraînement sur l'endurance fondamentale avec des sorties longues mais pas seulement, l'optimisation du geste de pédalage sera très important sur 24 heures. Les meilleurs tourneront les jambes autour de 120 000 fois ! La révision ou l'apprentissage d'une gestuelle efficace sera indispensable sous peine d'épuisement rapide ou d'efficacité moyenne.
Outre l'endurance, il faudra également travailler la puissance maximale. Les nombreux « coups de cul » jalonnant un circuit de 24 heures se passent en force généralement et même tout le temps en singlespeed. Là encore, la grande répétition vous obligera à vraiment travailler ce point. Enfin, le plus important, avoir un mental à toutes épreuves. Car même avec un physique monstrueux, un mental en « guimauve » anéantira toutes chances d'atteindre votre but.
Nous ferons un petit clin d'œil aux bikeuses qui osent tentées l'aventure et qui réussissent souvent dans leur entreprise. Ce type d'effort, sa gestion et la force mentale nécessaire sont des qualités que l'on retrouve très souvent chez les sportives et qui leur permettent de très bien figurer au final.
Les équipes de quatre concurrents. La plupart du temps ce sont les équipes références en terme de distance parcourue. Il faut à la fois des qualités d'endurance rouler environ 6 heures, mais également d'explosivité et de puissance pour être à fond pendant son de relais de 40 minutes. L'entraînement sera à quelque chose près celui du XC olympique. Il faudra y ajouter tout de même des sorties longues (entre 4 et 6 h) afin de se préparer au mieux à la durée de l'effort.
Afin de prévenir les mauvaises surprises en course, le niveau physique des différents équipiers devra être homogène. Il n'y a rien de pire que de se sentir à la traîne ou inversement d'être frustré que son équipe n'avance pas à son niveau.
Photo : Vialat Eric
Autre point important et déterminant : la tactique de course. Il est impératif de préparer un certain nombre de choses si l'on vise une place honorable au classement général. Vous choisirez l'ordre de passage des coureurs, programmerez les temps de passage, les rotations, les pauses, les relais de nuit, etc. Bref, un minimum d'organisation sera nécessaire pour ne pas galérer pendant l'épreuve. Mieux vaut anticiper les évènements que les subir.
Les équipes de de six concurrents et plus. Nous entrons dans une nouvelle catégorie sur les courses d'endurance. Même si l'effort peut-être similaire à celui des équipes de quatre, c'est le temps de repos qui fait ici la différence. Il sera vraiment conséquent et permettra d'aborder l'épreuve avec une condition physique éventuellement plus restreinte. L'entraînement sera identique à celui des équipes de quatre mais avec moins d'impératifs de performance sur la longueur de l'effort. D'ailleurs, même s'il y a quelques exceptions, les vététistes dans cette configuration sont le plus souvent là pour se retrouver et partager un bon moment. Ils pourront préparer au mieux le camp de base et les ravitaillements liquides et solides (qui a dit bières et grillades ?).
QUEL VTT ?
C'est principalement à la catégorie solo que ce thème se destine. En effet, pour les bikers roulant en équipe, l'effort en course sera compris entre 30 et 60 minutes avec des temps de repos au moins trois fois supérieurs la plupart du temps. La répétition ne sera donc pas du tout la même que celle d'un solitaire. Bien sûr il faudra être bien renseigné sur la nature du parcours(distance, dénivelé, surface, etc). Un tour de 12 km et 300 mètres de dénivelé positif sur des sentiers sinueux et rocailleux n'est pas équivalent à un tour de 12 km et 120 mètres de dénivelé positif sur de larges chemins de terre. Le VTT sera de toute façon celui que vous avez l'habitude de piloter avec quelques aménagements de circonstance.
Ergonomie
Par rapport aux épreuves beaucoup plus courtes, il faudra porter une attention particulière à l'ergonomie des points de contact entre vous et la machine. Donc les poignées, la selle et l'ensemble pédales/cales devront être choisis et testés longtemps avant afin de valider leur utilisation durant 24 heures. Une petite douleur tout à fait bénine sur 3 heures de course peut
devenir un vrai calvaire sur 24 heures. Il vaut mieux prendre 200 g sur son spad que d'abandonner pour un souci physique lié à l'ergonomie.
Pneumatiques
Les pneumatiques seront également déterminants. Un mauvais choix sera vite ennuyeux vu la durée de l'effort. Trouver le bon montage en fonction du terrain et de la météo ne sera pas du temps perdu. Et puis, rien ne vous empêche d'emporter un deuxième train roulant pourvu d'une monte pneumatique différente afin de pallier en urgence à un changement de temps, d'avis voire mécanique.
Transmission
Côté transmission, vous aurez également l'embarras du choix. Le classique 3x9 pourra laisser place à un 2x9 ou même 1x9 qui est notre préférence. Il faudra bien connaître ses habitudes et cibler les développements dont vous vous servirez vraiment. Pour les curieux ou les addicts, vous jouerez dans la catégorie singlespeed. Un plateau, un pignon et c'est parti !
Pour cela, un cadre VTT basique sera facilement adaptable. Il vous suffira d'investir soit dans un boîtier à excentrique tel que le fait Trickstuff ou de monter une roue arrière avec un moyeux à excentrique comme le propose White Industries, par exemple. Dans les deux cas, l'excentrique permettra de tendre votre chaîne. Si vous conservez votre roue arrière traditionnelle avec un corps de roue libre pour cassette 9 vitesses, vous aurez à vous procurer un kit singlespeed muni d'un pignon et d'entretoises. Les singlespeeders habitués et munis d'un cadre mono-vitesse de naissance n'auront qu'à choisir leur développement suivant le relief du parcours.
En dernier lieu, nous n'oublierons pas les vitesses intégrées qui vous accompagneront quelque soit le terrain et le climat. Sur une épreuve d'endurance (boueuse de surcroît) vous aurez vite fait de comprendre les bien-faits de ce système. La référence actuelle qu'est Rohloff a un coût certes, mais pour les bikers qui roulent toute l'année et sur de longues distances, cela vaut vraiment la peine d'investir sur du long terme.
MATERIEL ET ASISTANCE
Les choix qui vont être fait ici seront très important vis à vis de votre performance et/ou votre confort en course.
L'échauffement
Les solos pourront faire un peu tourner les jambes avant le départ afin de ne pas s'élancer à froid. Les coureurs en équipe feront bien attention à leur échauffement car l'effort fourni est beaucoup plus courts et intenses. Donc le système musculaire et cardio-vasculaire devra être bien préparé avant le passage de relais. Pour cela, un home-trainer classique (rouleaux, aimants, etc) sera suffisant.
Le camp
Il est préférable de choisir une tente de type abrit. Vous ou votre assistance pourrez être protégé du soleil, de la pluie ou du vent. Des chaises pliantes, tapis de sol, matelas, tentes de camping pourront participer à l'aménagement du camp. Côté nourriture, emportez des « thermos » et un réchaud. Pouvoir faire au moins un repas chaud durant la course n'est pas du superflu.
Photo : Vialat Eric
La nourriture
Il sera très important de bien s'alimenter et s'hydrater durant l'épreuve. Outre les traditionnels gels, barres et autres boissons isotoniques pris sur le VTT, vous pourrez préparer des mets simples et efficaces afin de reconstituer le capital énergétique de votre corps durant les pauses.
Vous pourrez préparer : des salades de pâtes et de quinoa, du taboulet et du gâteau de riz ou de semoule. Vous prendrez aussi des fruits et des légumes frais ainsi que du soja (à réhydrater dans un bouillon, par exemple) pour les protéines. Vous n'oublierez pas, bien sûr, les aliments dit « plaisirs » qui vous rafraîchiront les papilles et le moral dans un moment difficile.
La mécanique
Essayez d'avoir une boîte à outils complète pour pouvoir parer à la majorité des imprévus. Pour ceux qui utilisent un dérailleur arrière traditionnel, n'en oubliez pas un de rechange ainsi que la patte de cadre qui va avec. La possession d'un pied d'atelier mobile sera un plus.
Si le temps n'est pas au beau fixe, vous prévoirez un jet autonome à pression. Il vous faudra un quinzaine de litres et 130 bars de pression minimum pour être tranquille.
L'éclairage
C'est une donnée essentielle dans la réussite ou non d'un 24 heures. Selon que l'on soit solo ou en équipe, l'éclairage pourra différer. Les solitaires préfèreront une lampe un peu moins puissante avec plus d'autonomie en énergie, alors que les équipes pourront prévoir du matériel puissant avec un temps d'utilisation plus faible. Il ne faudra pas oublier de tester les différents montages avant ; soit sur le casque (le faisceau suit le mouvement de la tête mais les ombres peuvent être trompeuses), soit sur le cintre (le faisceau suit le mouvement du guidon qui peut ne pas être le même que celui de la tête mais le rendu de l'éclairage au sol sera meilleur). N'oubliez pas d'avoir toujours une petite lampe frontale légère de secours en cas de panne.
LES EPREUVES
En France
Il n'existe pas de championnat regroupant plusieurs épreuves comme en Italie, par exemple, cependant vous pourrez trouver une épreuve à votre convenance parmis les suivantes : 24 h VTT des Crapauds, 24 h VTT de Cergy, 24 h VTT de Bonnac, 24 h VTT de Buthiers, 24 h VTT du Lubéron, 24 h VTT de l'Etoile, 24 h VTT les folies Malviennes, 24 h VTT de Saran, 24 h VTT de la Vallière, etc.
A l'étranger
24 Cup Mountain Bike, Granny Gear 24 hours series, 24 hrs of Adrenaline USA, 24 hrs World Solo Championship, 24 Tezka Pohoda, 24 h de Munich, 24 h Finale Ligure, Mountain Mayhem, etc.
Maintenant que vous en savez peut-être un peu plus sur les courses de 24 heures VTT, il ne vous reste plus qu'à franchir le pas. Créez une équipe, entraînez-vous et foncez vous inscrire !
